Emotions les comprendre pour mieux les vivre


Chaque jour, nous ressentons une multitude d’émotions. En tant qu’hypersensibles, nous les percevons souvent comme des bêtes noires. D’ailleurs, si tu doutes toujours de ton hypersensibilité, je t’invite à lire mon premier article en cliquant ici !

Nous redoutons les émotions car elles nous submergent, nous envahissent, nous contrôlent. Bien souvent, elles se manifestent alors qu’elles ne sont pas forcément les bienvenues…

De manière générale, nous accueillons nos émotions « positives » (joie, enthousiasme…) et réprimons nos émotions « négatives » (colère, jalousie…). Il en va de même pour les émotions des autres. Il est plus probable d’entendre « Oh non tu ne vas pas te mettre à pleurer » plutôt que « Oh non tu ne vas pas te mettre à rire ».

Cependant, on ne peut pas ressentir uniquement de la joie, et éradiquer la tristesse. Toutes les émotions ont leur place. Il convient alors de les étudier, les identifier, pour apprendre à les accepter au quotidien.

L’origine des émotions

Historique et rôle

Littéralement, le mot « émotion » vient du latin « ex movere » : traduit par « en dehors de » et « se mouvoir ». Ainsi, l’émotion a pour but de nous mettre en actionface à une modification de notre environnement. Elle permet l’adaptation, et à première vue c’est une bonne chose !

Les scientifiques et psychologues sont tombés d’accords pour recenser 6 émotions primaires : 

  • Joie
  • Colère
  • Peur
  • Dégout
  • Tristesse
  • Surprise

Elles sont héritées de notre passé lointain. Elles ont notamment permis le maintien et la survie de notre espèce.

Ces émotions sont innées et automatiques. Cela induit que personne ne nous a jamais appris à les ressentir. Elles sont ancrées en nous depuis la naissance. Elles nous ont permis, et nous permettent toujours, de nous adapter.

Par exemple, le dégoût a préservé nos ancêtres d’empoisonnement par certains végétaux, viandes avariées. La colère a permis d’amplifier la force pendant les combats… Et c’est toujours valable à notre époque !

Tu te demandes certainement : en quoi la joie et la tristesse permettraient l’adaptation ?

Contre toute attente, ces deux émotions sont toutes aussi importantes que les autres en termes de survie ! En effet, elles permettent à l’Homme de se sociabiliser. La joie favorise l’intégration dans un groupe, et la tristesse engendre l’empathie ! Elles permettent d’éviter l’isolement pour favoriser le groupe : une question de vie ou de mort car l’Homme ne peut survivre ou se reproduire seul ! 

Evolutions et nuances

Aujourd’hui, il existe un nombre incalculable de nuances d’émotions. Notre mode de vie ayant évolué, nous sommes passé de la survie à une vie dans laquelle les risques sont réduits. Les émotions demeurent les mêmes mais les stimulus ont évolué ! On n’a plus peur de se faire dévorer par un lion, mais on peut avoir peur d’être abandonné, ou jugé par les autres, par exemple.

Il est aussi possible de ressentir plusieurs émotions en même temps. 

Souviens-toi lorsque tu as quitté ton domicile familial pour gouter aux joies de l’indépendance par exemple. Je suis sûre que comme moi, tu as lâché une petite larme (ou beaucoup de grosses…) car cela marquait la fin d’un cycle de ta vie. Pour autant, tu te sentais excité et heureux de créer ton espace et de découvrir une nouvelle vie ! Subtil mélange de mélancolie, de nostalgie, d’excitation, d’enthousiasme…

Les associations d’émotions sont infinies et propres à chacun !

Une affaire de cerveau ?

Que se passe-t-il dans notre corps pour que nous puissions ressentir des émotions ? Enfilons notre blouse de scientifique en herbe quelques instants pour tenter de comprendre comment nous fonctionnons au niveau biologique… Je précise qu’il s’agit ici d’une vulgarisation du système nerveux et émotionnel.

Emotions : les comprendre pour mieux les vivre

Image, goût, odeur, sensation… sont des informations qui stimulent notre système limbique avant même que nous en ayons conscience ! Aussi appelé « cerveau émotionnel »c’est le siège de toutes nos émotions.

Lorsque nous percevons quelque chose, notre thalamus, structure du système nerveux, capte l’information. Il joue le rôle d’un relai puisqu’il envoie ensuite cette information à l’amygdale. Attention, il ne s’agit pas de la glande située dans la gorge, mais bien d’une partie du cerveau ! Cette dernière détecte les évènements nouveaux et détermine leur niveau de danger pour notre organisme. Il peut s’agir de la vue d’un animal féroce, la perception d’un bruit inconnu… même un souvenir ou un fait imaginé !

Ces informations sont ensuite transmises vers l’hypothalamus, système nerveux autonome, pour activer nos fonctions physiques et nous préparer à agir (augmentation du rythme cardiaque, respirations plus rapides…).

Pour illustrer ce processus, prenons un exemple concret. Notre thalamus capte l’image d’un film d’horreur. A la vue d’un personnage menaçant, notre cerveau prend conscience du danger. Nous devons agir pour survivre. Le système nerveux entraine alors une mise en mouvement du corps. Certaines glandes projettent de l’adrénaline dans notre corps pour nous permettre d’avoir suffisamment d’énergie pour réagir : s’enfuir ou combattre !

Dans un premier temps, le cerveau ne fait pas la différence entre une situation virtuelle et la réalité… C’est l’instinct de survie !

Notre cortex préfrontal prend ensuite le relai pour rationnaliser la situation. Il prend conscience que l’information provient d’un film, et qu’il n’y a donc pas de danger.

Cela fonctionne également avec un souvenir, ou une projection future : voilà pourquoi nous pouvons être émus en nous rappelant un moment passé !

Peux-ton maitriser ses émotions négatives ?

Nous avons vu ensemble que les émotions nous préservent des dangers extérieurs et sont ancrées en nous. Elles s’animent de manière automatique, en réponse à des stimulis externes (une situation ou un individu) ou internes (un souvenir, une projection).

Phobies, troubles anxieux… quand les émotions « déraillent »

Cela semble simple et logique, mais rappelons que nous ne sommes pas de robots ou des clones… Il se peut qu’en réponse à une même situation, deux individus peuvent ressentir des émotions radicalement différentes ! 

Prenons l’exemple de la peur, dont le cas d’hypersensibilité peut se manifester sous forme de phobie ou de troubles anxieux. Un classique pour les personnes hypersensibles !

Comme toi et moi, nos amygdales peuvent elles aussi être hypersensibles ! 

Après réception de l’information, celles-ci envoient une alerte non proportionnelle au danger. Cette information va circuler principalement au niveau du thalamus, siège des émotions, et pas du cortex préfrontal, siège de la raison. Dans ce cas, il est impossible de se raisonner car les émotions prennent l’ascendant sur la raison ! Donc si ton ami(e) a la phobie des araignées, inutile de lui répéter que ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse !

Conditionnement de la peur et pistes de « déprogrammation »

Cela met en avant que derrière de l’objet de la peur, se cache finalement l’ensemble de nos croyances, nos idées reçues… Elles conditionnent l’alerte que notre cerveau crée. Nous sommes finalement programmés à avoir peurde ces « objets » ; Et la pensée de peur engendre une réaction de peur… On qualifie d’ailleurs souvent les hypersensibles comme « ceux qui ont peur d’avoir peur » !

Pour apprivoiser cette émotion, il est alors possible de « déprogrammer » le cerveau pour dissocier l’objet de la peur et du danger réel. De plus en plus de méthodes agissent dans ce sens : hypnose, thérapies cognitives comportementales…que je vous présenterai par la suite !

Maintenant que vous savez tout de vos émotions, nous pouvons aborder la forme sous laquelle elles se caractérisent chez les personnes hypersensibles. J’ai nommé : l’hyperémotivité ! Suite au prochain article…

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