télé éteinte : pourquoi j'ai arrêté de regarder les informations

Hypersensible : pourquoi j’ai arrêté de regarder les informations

N’as-tu jamais eu la larme à l’œil devant l’annonce d’un enfant disparu ? Ressenti de la haine en ayant vent d’affaires de maltraitance, de corruption, de destructions ? Senti la peur, le doute ou la résignation face à des émissions qui dénoncent les dangers de certains aliments ? 

Hypersensible ou pas, il est indéniable que les informations qui nous entourent ont un impact plus ou moins positif sur nous. Par informations, j’entends différents médias tels que le journal télévisé, la presse sous toutes ses formes, la radio, y compris les réseaux sociaux. Et les personnes que nous côtoyons sont également des sources d’informations ! 

Et aujourd’hui plus que jamais, l’information est partout autour de nous. Elle nous suit partout, y compris maintenant dans les toilettes publiques, et à chaque instant de la journée. 

Dans cet article, je vais davantage exprimer mon avis personnel, basé sur mon expérience subjective. Je vais te dire pourquoi j’ai arrêté de regarder les informations, quelles ont été les difficultés que j’ai rencontrées, mais surtout, ce que j’ai ressenti à terme.

Les raisons pour lesquelles j’ai arrêter de regarder les informations

Je n’ai pas choisi du jour au lendemain de couper les sources d’informations. Il s’agit d’un choix plus ou moins conscient, qui s’est mis en place avec le temps, et pour lequel je peux te donner plusieurs raisons :

L’information vient à moi sans mon consentement

Une des raisons pour laquelle j’ai choisi de couper un maximum de sources d’informations, c’est l’inexistence du consentement. C’est le propre de l’information, des « news » : on nous jette une nuée de nouvelles sans s’assurer que nous soyons OK pour les digérer. Bien entendu, je ne sous-entends pas que cela soit quelque chose de mal… La télévision, les journaux, Internet sont des mines d’or, et il serait évidemment impossible d’établir une demande de consentement avant chaque information. Ce que je mets en évidence, c’est que chacun possède un degré de sensibilité différent, et que nous ne sommes pas toujours prêts à emmagasiner l’information qui nous est transmise. Et cela vaut également pour les réseaux sociaux : on « scrolle » de posts en posts, sans avoir connaissance de la portée de ceux-ci avant de les voir. On peut tomber sur n’importe quoi, y compris sur des informations qu’on aurait préféré ignorer (photos et vidéos de maltraitance animale, violence…). D’ailleurs si tu me suis en story sur Instagram tu as certainement entendu parlé de mon expérience malheureuse sur Facebook, qui m’a d’ailleurs poussée à désinstaller l’application...

vieux journaux : pourquoi j'ai arrêté de regarder les informations

L’objectivité n’existe pas 

Je suis de ceux qui passeront certainement leur vie à la recherche de la « vérité », en ayant à la fois conscience que celle-ci n’existe finalement pas… Ce que je veux mettre en avant, c’est que chaque média est teinté de sa propre interprétation, de ses propres intentions politiques, environnementales, économiques, financières etc… Finalement, une même information peut être relayée de manières tout à fait différentes d’un média à un autre. Dans tout ce flot d’informations contradictoires, je me sens tiraillée. Il m’arrivait bien souvent de ne plus savoir où donner de la tête, qui a tort ou qui a raison… 

Les informations proposées ont un impact sur moi et génèrent des émotions désagréables : peur, colère, indignation, doute…

Une des raisons les plus importantes : étant hyperémotive, les informations ont un impact émotionnel très fort sur moi. Je ne peux pas apprendre qu’un attentat a eu lieu, voir des visages décomposés par la peur et la tristesse, entendre des témoignages poignants…et passer à autre chose à 20h50. Je ne peux pas voir des caméras cachées dans les abattoirs ou toute forme d’exploitation animale, sans ressentir de la colère, de l’injustice, du dégout, et un profond déchirement. Alors bien entendu, il y a aussi des informations qui génèrent en moi des émotions positives ! Cependant, quand je fais le ratio, je prends conscience qu’il n’est pas à l’équilibre

Les résistances et objections des autres auxquelles j’ai fait face

Bien entendu, et parce que c’est dans mon tempérament : j’ai douté. J’ai voulu me convaincre de ne pas respecter mes limites et mon besoin de me déconnecter. Parmi les nombreuses résistances, j’en ai noté deux principales.

iPad : pourquoi j'ai arrêté de regarder les informations

« C’est important de rester informée des nouvelles dans le monde »

Une phrase que j’ai longtemps entendue, chez moi, à l’école… Et je l’ai particulièrement entendue dans le cadre de mon BAC ES et de mes études de commerce. Tu comprends, pour réussir dans la vie, c’est I.N.D.I.S.P.E.N.S.A.B.L.E (no comment).

Je suis en partie d’accord avec cette affirmation, mais j’ai voulu l’interroger : 

  • C’est « important » pour qui ?
  • Et dans quelle mesure ça l’est ? 

Cela serait donc important pour MOI, car cela permet de créer de l’interaction avec les personnes que je rencontre ? C’est un moyen d’entamer des discussions ?

Et bien, est-il obligatoire de ne parler que d’actualité ? Ne peut-ont pas échanger autour d’autres sujets ? La culture générale est-elle uniquement une affaire d’actualité ? Pas du tout. 

Je ne peux pas rester dans l’ignorance, j’ai besoin de savoir et de chercher…

On en revient à la quête du savoir… C’est important pour moi d’être consciente de ce qui m’entoure, de comprendre le pourquoi du comment. Ça fait partie de mon fonctionnement… Au collège, je me renseignais sur les extraterrestres, la vie après la mort, la théorie du complot… Le hic, c’est que parfois, la curiosité me pousse à mettre de côté les alarmes de mon équilibre émotionnelle et psychologique. Face à des informations qui me heurtaient, je me suis souvent entendue dire « tu ne peux pas fermer les yeux, ça existe, tu dois le savoir ». Sauf qu’à un moment, il faut aussi penser à soi. Je ne l’ai compris que lorsque j’ai été véritablement tourmentée par cette « boulimie de l’information ». Aujourd’hui, j’ai compris que me préserver, ce n’est pas faire l’Autruche.  

Des pistes pour trouver un équilibre sain

Alors comment j’ai trouvé l’équilibre pour ne pas vivre reclue, ou m’exposer à des informations qui me minent le moral ? Je te donne les pistes que j’appliquent au quotidien…

impact émotionnel des réseaux sociaux sur les hypersensibles

Je sélectionne les informations auxquelles je souhaite avoir accès

J’ai décidé de ne plus suivre le journal télévisé qui, pour moi, avait l’impact le plus négatif, avec les chaines d’informations en continu. J’utilise les réseaux sociaux : je sélectionne les comptes auxquels je m’abonne, ce qui m’offre la possibilité de choisir le type d’informations que je souhaite recevoir. Je bloque les publicités qui ne me conviennent pas, et je me suis aussi désabonnée de nombreux compte dénonçant les maltraitances animales, les agressions de rue etc…

Je n’hésite pas à faire le tri régulièrement 

Ce qui m’intéressait hier peut ne plus me convenir aujourd’hui, c’est OK. Je fais le tri régulièrement, dans les comptes que je suis sur les réseaux par exemple. Quand je prends conscience que le contenu que je visionne génère en moi des émotions ou pensées néfastes, je me désabonne. 

J’effectue mes propres recherches sur des sujets qui me questionnent

Quand un sujet m’intéresse ou attire mon attention, je cherche par moi-même : sur Internet (bien entendu, je sélectionne mes sources dans la mesure du possible), dans les livres, autour de moi… Plus j’avance, plus je ressens le besoin de récolter les informations pour créer ma propre opinion, contrairement à avant, où je me contentais de croire le plus convaincant. 

Je m’accorde le droit de prendre de la distance avec l’information si mon corps me le demande

Et pour conclure, un point très important… Lorsque l’information est trop forte émotionnellement, et que je sens que mon corps m’envoie l’information : je coupe pour me préserver, et ainsi garantir mon équilibre. Avec le temps, j’ai aussi appris à sélectionner les sujets qui me tiennent à cœur, et comment je compte œuvrer pour y être fidèle. Plutôt que de dénoncer la cruauté animale, je partage des raisons de les aimer. Plutôt que de dénoncer les catastrophes écologiques, je partage des actions à mettre en place. Cela ne m’empêche pas d’échanger de temps en temps des informations dans ce sens. Mais globalement, j’ai compris que personnellement, je suis de ceux qui préfère encourager et partager du positif, plutôt que de combattre du négatif. Je suis intimement convaincue qu’il faille de tout pour l’équilibre du monde, à chacun de trouver ses valeurs, et d’établir un plan d’actions…

Je suis encore très présente sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, qui sont finalement une des seules sources d’informations « spontanées ». J’y passe beaucoup de temps pour mon travail, mais également à titre personnel. Je reviendrai sur le sujet précis des réseaux sociaux car il y a tant à dire (comparaison, création d’un persona, harcèlement…mais aussi plein de belles choses) !

Et toi, regardes-tu encore les informations ? Quel est leur impact sur ton équilibre émotionnel ?

2 commentaires pour “Hypersensible : pourquoi j’ai arrêté de regarder les informations

  1. Je ne suis plus les infos depuis près de deux. Un énorme changement pour moi qui ai étudié… Le journalisme! Mais il en allait de ma santé mentale, c’était trop dur d’être confrontée jour et nuit (hello les chaines d’infos) aux drames etc. Jusque là, je m’étais forcée pcq je considérais aussi qu’il était important d’être « informée ». Informée oui mais le contenu aujourd’hui est surtout anxiogène, pas informatif. Du coup du jour au lendemain j’ai fermé le robinet des infos. Plus rien pendant des mois et j’ai ressenti un vrai mieux. Je me suis réorientée aussi… Maintenant c’est le Monde une fois de temps en temps pr me permettre de sélectionner ce que je veux lire et ne plus être à la merci des news les plus sombres… As tu un avis sur les series/films qu’on s’oblige à regarder pcq on a payé sa place ou pcq tout le monde en parle autour de nous? Pcq je suis d’avis que c’est la même chose, je me suis infligée des series que je trouvais trop dures juste pcq tout le monde les regardais (hello Thirteen reasons why) maintenant ça n’est plus.le cas…
    Désolée pour ce long commentaire! Bonne journée!

    1. Bérangère, je te remercie pour ton commentaire ! Je te rejoins tout à fait sur le côté anxiogène du contenu. Je pense aussi que la course aux « news » influence la qualité du contenu proposé par les médias !
      Je pense que, comme dans beaucoup d’aspects de notre vie, il y a des phénomènes sociaux qui incitent à avoir certains comportements, regarder tel ou tel émissions, faire tel ou tel sport… Il y a le phénomène du groupe… Et je pense en effet que c’est le cas avec l’ascension des séries. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, j’ai moi-même regardé cette série très confrontante, qui m’a littéralement retournée. Et pourtant, je l’ai regardé jusqu’au bout : parce que j’avais envie de savoir, que je trouve qu’on ne parle pas assez du harcèlement scolaire (ou plutôt de l’importance d’être une main tendue pour les autres), et certainement aussi car j’avais une curiosité un peu malsaine. C’est certainement aussi pour cela que les infos sont de plus en plus violentes : c’est difficile à assumer mais la télé met en avant ce qui fait de l’audience, et donc, ce que les gens demandent…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut
dapibus risus. consectetur tempus Phasellus non nec Lorem in neque. fringilla