L'hypersensible : éternelle victime ? C'est trop injuste

L’hypersensible : éternelle victime ?

Je vous entends déjà vous insurger : « Quoi, elle véhicule elle-même l’amalgame Hypersensible = Victime ?! ». Entrons dans le vif du sujet !

La victimisation est un sujet qui me tient à coeur car il détient une place importante dans la vie des personnes hypersensibles. J’y ai moi-même pris part pendant un moment, et continue parfois, malgré mes efforts pour m’en sortir.

Si elle n’est pas écoutée et comprise, l’hypersensibilité peut amener les personnes concernées à dépasser leurs limites, et/ou à créer des difficultés relationnelles avec leur entourage. Cela engendre une détresse, et, dans la détresse, quiconque aurait tendance à se placer en tant que victime. Hypersensibles ou pas, d’ailleurs.

Avant de commencer, je tiens à préciser que les arguments mis en avant dans cet article sont à nuancer. Je ne dis pas que tous les hypersensibles présentent les traits suivants, ni qu’ils sont tous des victimes. Le but ici est de mettre un avant des mécanismes psychologiques récurrents dans le but d’aider les personnes désireuses de mieux vivre leur hypersensibilité. Les « généralités » sont de mises pour expliquer le concept, bien qu’elles aient leurs limites.

l’Hypersensible : victime de soi-même

Ne pas respecter ses propres limites entretient l’idée que la personne hypersensible est fragile

Comme expliqué précédemment dans l’article « Suis-je hypersensible ? 4 caractéristiques pour le découvrir », la personne hypersensible est en proie à l’hyperstimulation. Cela se manifeste par une fatigue supérieure aux autres, pour une sollicitation égale. 

Ayant bien souvent des choses à se prouver à soi et aux autres, la personne hypersensible va avoir tendance à s’imposer un rythme de vie qui ne lui convient pas. Un hypersensible qui s’ignore peut subir ce décalage pendant des années, se demandant bien pourquoi il semble si fatigué alors que les autres tiennent le coup… Ainsi, par comparaison, et par manque de confiance en soi, la personne hypersensible aura tendance à se dévaloriser et à se considérer comme « faible » par rapport aux autres.

Ainsi, elle ne respecte pas ses limites car elle ne les connait pas elle-même, ou refuse de les accepter…

Et en ne se respectant pas, elle s’engage dans le chemin qu’elle souhaite par-dessus tout éviter : s’effondrer et perdre le contrôle de ses émotions. Cette voie alimente d’autant plus son auto-jugement négatif et un cercle vicieux se crée… 

D’autre part, avoir montré une résistance accrue avant de sombrer pour un détail peut créer un sentiment d’incompréhension de l’entourage. Comme on dit, c’est « la goutte qui fait déborder le vase ». Comment nos proches pourraient-ils avoir de la compréhension s’ils n’ont pas connaissance du vase, mais uniquement de la petite goutte d’eau ?

Apprendre à s’écouter et à exprimer ses besoins

Contrairement aux idées reçues, l’hypersensible n’est pas une personne qui s’écoute trop mais qui s’écoute « mal ». Pour se connaitre, il faut apprendre à écouter la partie de soi qui ne triche pas : le corps. Pourquoi pas le mental ? Parce qu’il est la projection de nos peurs, de nos auto-jugements et qu’il adore nous enfermer dans notre cocon rassurant, au point de vivre reclus. Bien qu’il souhaite nous protéger, il n’adopte pas toujours les meilleures stratégies pour notre développement…

C’est en développant sa conscience corporelle que l’on peut apprendre à s’écouter et donc, à respecter et faire respecter ses limites.

En étant dans son corps, il nous est possible de sonder comment la stimulation se manifeste chez nous. Et pour une vie équilibrée, il convient de trouver le juste degré de stimulation

Nous ne pouvons pas contrôler les bousculades dans le métro ni le brouhaha incessant de l’openspace, mais nous pouvons prendre conscience de l’effet qu’ils ont sur nous pour ensuite rééquilibrer notre niveau de stimulation.

Chaque jour, ou lorsque tu te sens agité ou submergé par tes émotions, accorde-toi quelques instants dans un endroit calme, à l’abris des regards. Idéalement allongé, ou assis, ferme les yeux et prends de grandes inspirations, en prenant soin de gonfler le ventre. 

Imagine alors ton corps passer sous un scan imaginaire des pieds jusqu’à la tête, en focalisant ton attention sur tes ressentis. Dans un second temps, liste ce que tu as fait dans la journée. En réalisant cet exercice régulièrement, tu seras surpris de voir la corrélation entre certaines situations et ton état émotionnel…

Avoir conscience de l’impact des situations que tu vis te permet de connaitre tes besoins et limites. Cela est important, autant que de les faire valoir. Pour y arriver ? Pas de secret, travailler l’affirmation de soi et la communication !

L’Hypersensible : victime des autres

Le Triangle Dramatique de Karpman

Nous communiquons constamment et vivons entourés d’autres individus qui communiques eux-aussi. Parmi nos interactions, il arrive que nous nous placions inconsciemment dans des scénarios relationnels complexes. L’Analyse Transactionnelle met en avant un modèle percutant : le Triangle Dramatique (ou Triangle de Karpman).

Il met en évidence l’existence de 3 rôles : le Persécuteur, la Victime, le Sauveur (ou Sauveteur). Lors de nos échanges, il arrive que nous nous placions dans le rôle qui nous parait le plus naturel. D’ailleurs, ce rôle « d’entrée » est le reflet de la manière dont nous nous percevons nous-même. Cependant, il est important de préciser que nos rôles changent au cours d’une même discussion. Par exemple, si nous avons tendance à nous sentir accablé et impuissant face à notre hypersensibilité, nous allons adopter la position de Victime face à nos interlocuteurs. Si notre rôle ne déclenche pas chez l’autre la position du Sauveur, nous pouvons revêtir celle du Persécuteur ; Pensant que crier et accabler l’autre nous placera en position haute, et donc, en confiance.

Par peur du conflit, les personnes hypersensibles peuvent se positionner d’office en Victime. Un moyen de chercher l’attention, le soutien, les encouragements, et de combler un vide «d’amour » propre.

Sortir des jeux psychologiques

La première clé pour sortir du rôle Victime, dans le cadre de cet article, est de prendre conscience de l’existence du jeu psychologique, et donc de l’existence même du Triangle.

Lorsque tu te rends compte que tu revêts le costume de la Victime, prends-en note. Par exemple, lorsque tu t’entends dire : « je n’ai pas de chance », « ce n’est pas juste », « ce n’est pas possible », réalise un geste facile et désagréable pour l’y associer à ce comportement néfaste. Tu peux par exemple te pincer (raisonnablement), claquer l’élastique que tu portes autour de ton poignet… C’est symbolique et simple à mettre en place, mais terriblement efficace !

Ensuite, apprends à modifier ton vocabulaire et ton positionnement vis-à-vis des autres.

Passe de victime à survivant ! L’important est d’adopter une vision SOLUTIONS plutôt que PROBLEMES. Personne n’est en mesure de changer une situation qui lui déplait s’il est passif. Au contraire, la proactivité permet de reprendre le contrôle de sa vie, et génère un sentiment de fierté.  

Ainsi, tu peux valoriser qui tu es, et ce que tu fais avec les moyens à ta disposition ! Un bon moyen de ne plus se sentir victime mais acteur de ce qu’il t’arrive…

Pour conclure, et selon moi, l’hypersensibile n’est pas une victime invétérée. Cependant, par sa sensibilité et sa difficulté à trouver sa place dans le monde, il lui est parfois instinctif de revêtir cette position, et très difficile d’en sortir.

Rien n’est figé et rien ne sers de te culpabiliser lorsque tu te positionnes en Victime. Comme on dit, « Rome ne s’est pas faite en un jour » : prends le temps de modifier tes habitudes et donne-toi le droit à l’erreur sans te juger.

Si le sujet t’intéresse, n’hésite pas à me laisser un commentaire, je pourrais approfondir le sujet du Triangle Dramatique à travers les 3 rôles.

Si tu souhaite de plus amples informations, n’hésite pas à me rejoindre sur Facebook et à m’envoyer un message. Je réalise régulièrement des lives pour échanger sur des thématiques liées à l’hypersensibilité et prendrai plaisir à discuter de ce sujet !

Sensiblement,

2 commentaires pour “L’hypersensible : éternelle victime ?

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