Je veux apaiser ma colère, mais je n’y arrive pas…

Les personnes qui m’écrivent ou que j’accompagne me disent que, pourtant : elles écrivent dans leur carnet, se promènent en nature, en discutent avec leurs proches… Et que, malheureusement, ça ne fonctionne pas : elles se sentent toujours en colère.

Moi aussi j’ai été confronté à cette problématique. L’impression « de tout bien faire » et que ça ne marche pas. Se sentir démunie face à cette émotion avec laquelle on n’est pas forcément à l’aise, voire nous fait peur. Avec le temps, j’ai pris de la hauteur sur mes automatismes, et j’ai compris…

Manges-tu lorsque tu as soif ? Non, parce que tu as bien identifié que la faim et la soif correspondent à deux besoins bien distincts, qui doivent être comblés différemment.

Alors pourquoi chercher à t’apaiser, lorsqu’au contraire, tu as besoin de te défouler ?

La colère, est une énergie très forte : elle se manifeste pour t’aider à t’affirmer, te faire respecter, prendre ta place… Elle répond à une menace par le « combat » (en opposition à la fuite).

Cette émotion engendre des réactions physiologiques : production d’adrénaline, afflux sanguin dans les bras et les jambres, augmentation du rythme cardiaque, tremblements, sensation de chaleur… Toutes ces manifestations comme pour te dire : il y a quelque chose en toi qui doit sortir avec force, maintenant ! 

Les différents types de colère

D’après Gonzague Masquelier, psychologue, il existerait 4 types de colère : 

  • Etouffée : non déclarée, elle se manifeste chez une personne se définissant comme incapable de se mettre en colère.
  • Rentrée ou rétro-réfléchie : non exprimée, la personne enferme sa colère en elle.
  • Réfléchie : liée à une réflexion personnelle, elle est déviée par la personne sur un autre objet que celui qui est lié à sa colère.
  • Hypertrophiée : exprimée dans l’excès et disproportionnée par rapport à sa raison, elle peut entraîner la personne à commettre des actes violents.

Je t’invite à te demander : quel type de colère est le plus présent chez toi ? 

Mon expérience avec la colère

Dans mon cas, et comme je l’expliquais dans ce post instagram, ma colère se présente en deux phases :

1. Colère rentrée : « Prends sur toi, c’est de la maladresse, cette personne n’avait pas de mauvaises intentions » aka la peur de juger, d’être jugée, de déplaire, du conflit.

2. Colère rélféchie : « Avec le recul, il/elle s’est bien foutu de moi. Non mais c’est inacceptable en fait ! Et en plus je me suis laissée faire ! Tu te rends compte… Et toi de toute façon tu comprends jamais rien… » aka je me flagelle d’avoir rentré ma colère, et je la projette sur les personnes que j’aime le plus (souvent, mon compagnon). Et il y a de nombreuses raisons à cela : il est souvent à mes côtés, il est relativement calme donc je crache mon poison sans grande réaction, et il m’aime, donc j’ai moins peur de le perdre, jusqu’à ce que sa patience ait des limites…😤

Mes mots sont directs, mais c’est une répresentation de se qui se passe dans la tête de nombreuses personnes, de manière conscience ou inconsciente.

Il y a quelques années, j’avais des colères extrêmement fortes : j’étais submergée. Je hurlais, m’agitais dans tous les sens, me retenais de cogner, et j’avais des mots extrêmement blessants… Je piquais de plus en plus fort jusqu’à ce que mon poison se propage chez l’autre. Comme si le partager allait réduire ses effets sur moi-même… Erreur.

Avec le temps, j’ai appris à observer cette colère, pourquoi elle était si présente en privé, et autant étouffée en public. J’ai appris à me défouler, mais surtout à développer mon assertivité (capacité à s’exprimer et faire valoir ses droits sans empiéter sur ceux des autres). 

Accueillir la colère en 5 étapes

Selon moi, vivre sainement avec sa colère passe par 5 étapes :

1. Prendre conscience de sa présence : « OK, j’ai le coeur qui bat, j’ai chaud, envie de crier… »
2. Respirer pour faire le point : « Suis-je prête à discuter ou dois-je d’abord extérioriser cette colère ? »
3. Être assertif.ve en exprimant l’émotion verbalement : « Cette situation me met en colère car je ne me sens pas respectée. J’ai besoin de m’isoler un instant pour faire sortir la pression, on reprend cette conversation après ? »
4. Extérioriser la colère en se défoulant : crier, chanter, frapper dans le vie ou dans un coussin, danser, courir…
5. Revenir à la discussion en utilisation le principe de Communication Non Violente : « Quand il se pase cela… je ressens de la colère… car j’ai besoin de… serais-tu ok pour… »

Se réconcilier avec ta colère est un processus qui demande du temps, de la persévérance et de l’indulgence envers toi-même. Prends le temps d’oser la regarder, car plus tu en as peur, plus tu la bloques, plus elle passe avec force…🔥

Rappelle-toi que la communication est bien plus efficace que la violence pour résoudre un conflit. Aussi, une émotion reste une émotion : elle n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est la pour faire passer un message. Toute émotion a sa place et se doit d’être écoutée.

Et si parfois la colère te submerge et te fait dépasser tes limites : c’est OK, il est toujours possible de présenter tes excuses, et de faire mieux la prochaine fois.😉

Pour t’acompagner plus en profondeur sur ce chemin, j’ai conçu RECONCILIATION : le guide des émotions. Tu y trouveras toutes les informations à savoir sur les émotions, l’hyperémotivité, l’hyperempathie… Mais surtout, des fiches sur chaque émotion avec des méthodes précises pour les accueillir et vivre pleinement avec elles !

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